Entre 1898 et 1913, l'architecte Hector Guimard a donné à Paris son visage Art nouveau le plus reconnaissable : façades sinueuses inspirées du monde végétal, ferronneries en coup de fouet et surtout les célèbres entrées de métro qui ornent encore la ville. La plus forte concentration de ses immeubles se trouve dans le 16e arrondissement, autour de la rue Jean-de-La-Fontaine, ce qui permet de construire un vrai itinéraire à pied sur cette période architecturale.
L'édicule de Porte Dauphine
Point de départ logique de l'itinéraire, cette entrée de métro est l'une des deux seules à conserver encore aujourd'hui sa verrière d'origine en forme d'aile de libellule, avec sa marquise de verre et de fonte. L'autre édicule complet subsistant se trouve à la station Abbesses, à Montmartre, trop éloignée pour être intégrée au même parcours.
Le Castel Béranger
Au 14 rue Jean-de-La-Fontaine, ce premier grand chantier de Guimard, achevé en 1898, lui valut le concours de la plus belle façade de Paris et lança véritablement le style Art nouveau dans la capitale. La façade mêle pierre, brique, céramique et ferronnerie dans une composition volontairement asymétrique.
La rue Jean-de-La-Fontaine
Au-delà du Castel Béranger, la même rue conserve plusieurs autres immeubles signés Guimard aux numéros 17, 19 et 21, ainsi que l'hôtel Mezzara au numéro 60, construit en 1910 pour un industriel du textile et remarquable pour la profusion de ses balcons ouvragés.
L'hôtel Guimard, avenue Mozart
L'architecte y a construit sa propre résidence en 1909, à quelques rues de là. Chaque étage y adopte une composition de fenêtres et de balcons différente, un manifeste personnel de son approche architecturale en fin de carrière.
Repérer le style au fil de la ville
Au-delà de ce parcours dans le 16e, l'œil averti repère des traces du style Art nouveau ailleurs à Paris : entrées de métro à balustrade plus sobre dans de nombreuses stations, façades Art nouveau autour de Montmartre et du quartier de l'Opéra, ou encore la coupole des Galeries Lafayette Haussmann, achevée en 1912 et réellement contemporaine du mouvement, sans être signée Guimard.
Astuces
L'itinéraire dans le 16e se parcourt en une à deux heures de marche tranquille, en partant du métro Porte Dauphine (ligne 2) et en terminant à Jasmin ou Michel-Ange-Auteuil (ligne 9), qui desservent directement la rue Jean-de-La-Fontaine et l'avenue Mozart. La plupart de ces bâtiments restent des propriétés privées ou occupées par des administrations, seules les façades se visitent depuis la rue. Pour approfondir avec des espaces réellement accessibles, un ticket de métro dans une station à édicule Guimard bien conservé reste la façon la plus simple de "visiter" une œuvre de l'architecte au quotidien.