Un musée municipal dans le Palais de Tokyo de 1937

Le Palais de Tokyo a été construit pour l'Exposition internationale de 1937 par les architectes Dondel, Aubert, Viard et Dastugue. Le bâtiment se compose de deux ailes symétriques reliées par un péristyle à colonnes, avec un grand bassin et des escaliers qui descendent vers la Seine. L'aile ouest abrite aujourd'hui le centre d'art contemporain Palais de Tokyo ; l'aile est appartient à la Ville de Paris et accueille depuis 1961 le Musée d'Art moderne.
Cette distinction évite une confusion fréquente. Le Palais de Tokyo (aile ouest) n'a pas de collection : il montre des expositions de création contemporaine, payantes, dans des espaces bruts. Le MAM (aile est) possède près de 15 000 œuvres, du fauvisme à nos jours, et présente en permanence plus de 370 pièces en accès libre. Ne le confondez pas non plus avec le Musée national d'Art moderne, qui a quitté le Palais de Tokyo pour le Centre Pompidou en 1977 et dont le bâtiment est fermé pour travaux jusqu'en 2030.
Le musée a été rénové en 2019 : l'accueil, les circulations et la signalétique ont été repensés, et l'entrée se fait par le grand escalier de l'avenue du Président-Wilson. Le vestiaire est gratuit et des ascenseurs desservent tous les niveaux.
Ce qu'il faut voir dans la collection permanente

La Fée Électricité de Raoul Dufy
C'est la pièce la plus spectaculaire du musée et l'une des plus grandes peintures du monde : 250 panneaux, environ 10 m de haut sur 60 m de long, soit près de 600 m². Dufy l'a peinte en 1937 pour le pavillon de l'Électricité de l'Exposition internationale. La fresque raconte l'histoire de l'électricité, des philosophes grecs aux centrales du XXᵉ siècle, avec plus d'une centaine de savants et d'inventeurs. Elle occupe une salle courbe qui lui est entièrement dédiée. Prenez le temps de la parcourir dans les deux sens : les détails se découvrent de près, la composition de loin.
La Danse de Matisse
La salle Matisse présente deux des trois versions de La Danse, commandée en 1930 par le collectionneur américain Albert Barnes. On y voit La Danse inachevée, première version jugée trop décorative par l'artiste et retrouvée dans son atelier de Nice en 1990, et La Danse de Paris (1931-1933), l'aboutissement du projet. Les deux compositions monumentales, faites de silhouettes roses, grises et bleues, se font face. La version finale se trouve à la Fondation Barnes, près de Philadelphie.
Fauves, cubistes et École de Paris
Le legs du docteur Maurice Girardin en 1953, plus de 500 œuvres, a fondé l'identité du musée. On y trouve des toiles fauves de Derain, Vlaminck et Van Dongen, des œuvres cubistes de Braque, Gleizes et Metzinger, puis Robert et Sonia Delaunay, dont La Ville de Paris, immense toile de 1912. Les salles suivantes rassemblent Bonnard, Picasso, Modigliani, Chagall, Soutine et Utrillo. L'après-guerre est représenté par les Otages de Jean Fautrier, les matières de Jean Dubuffet, Nicolas de Staël, Yves Klein et Giacometti. L'accrochage tourne régulièrement, mais ces noms restent présents.
Art contemporain et ARC
Le département ARC (Animation, Recherche, Confrontation), créé en 1967, a donné au musée sa réputation d'ouverture à la création vivante. Les salles contemporaines montrent Christian Boltanski, Daniel Buren, Annette Messager et de nombreux artistes allemands entrés grâce à une donation majeure en 2012. C'est aussi dans les collections que le musée accueille chaque automne les finalistes du prix Marcel Duchamp, en partenariat avec le Centre Pompidou.
Les amateurs d'Art déco remarqueront enfin les laques de Jean Dunand et les grands décors de Gaston Suisse, contemporains du bâtiment.
Les expositions temporaires : payantes, et souvent remarquables
Le MAM organise deux à quatre grandes expositions par an, avec des rétrospectives qui font date : Basquiat en 2010, Nicolas de Staël en 2023-2024, record d'affluence du musée avec plus de 400 000 visiteurs. En cette rentrée 2026, le musée consacre sa première exposition française au peintre américain Kerry James Marshall (jusqu'au 24 janvier 2027, 70 œuvres), en parallèle d'une exposition de la sculptrice Simone Fattal, et présente les finalistes du prix Marcel Duchamp à partir du 2 octobre 2026.
Tarifs constatés en septembre 2026 : 17 € plein tarif et 15 € tarif réduit pour l'exposition Kerry James Marshall, gratuit pour les moins de 18 ans. Les prix varient selon l'exposition, entre 10 et 17 € en général. La réservation d'un créneau horaire en ligne est conseillée le week-end et les premières semaines. Le jeudi, les expositions restent ouvertes jusqu'à 21h30 : c'est le créneau le plus calme, alors que les collections ferment à 18h.
La terrasse, le restaurant et la vue sur la tour Eiffel

Le parvis entre les deux ailes du Palais de Tokyo, avec ses colonnes, son bassin et les sculptures de Bourdelle, est l'un des points de vue les moins fréquentés sur la tour Eiffel. Le côté MAM dispose d'une grande terrasse tournée vers la Seine, accessible sans billet, où se sont succédé plusieurs restaurants. En 2026, l'adresse s'appelle Corail : cuisine méditerranéenne, terrasse ouverte tous les jours à la belle saison jusque tard, et service aux horaires du musée en hiver. Les prix sont ceux d'une terrasse chic du 16ᵉ ; pour un simple café, prévoyez plutôt une pause plus loin rue de Longchamp ou avenue Marceau.
La terrasse convient bien à une fin d'après-midi : le soleil se couche derrière la tour Eiffel.
Le vol de 2010, en bref
Dans la nuit du 19 au 20 mai 2010, un cambrioleur solitaire a dérobé cinq tableaux de Picasso, Matisse, Braque, Modigliani et Léger, estimés à près de 100 millions d'euros, en les découpant de leurs cadres. Le voleur a été condamné en 2017, mais les toiles n'ont jamais été retrouvées. L'affaire a entraîné une refonte complète de la sécurité du musée. Rien n'en est visible aujourd'hui dans les salles.
Combiner la visite avec le quartier
Le MAM est au cœur d'un quartier de musées où l'on peut passer une journée entière à pied :
- Palais de Tokyo, aile ouest du même bâtiment : art contemporain, expositions payantes, ouvert en soirée, fermé le mardi. Fermeture prévue pour travaux à partir de novembre 2027.
- Musée Yves Saint Laurent, 5 avenue Marceau, 75116 Paris : le studio du couturier et une sélection de créations, à cinq minutes.
- Musée Guimet, place d'Iéna : arts asiatiques, à trois minutes par l'avenue du Président-Wilson.
- Musée du quai Branly : traversez le pont de l'Alma ou le pont d'Iéna, dix minutes à pied.
- Trocadéro et ses musées (Architecture, Marine, Homme) : dix minutes en remontant l'avenue.
- La tour Eiffel est à un quart d'heure à pied par le pont d'Iéna.
Une journée type : Guimet ou Yves Saint Laurent le matin, déjeuner sur le parvis, collection du MAM en début d'après-midi, puis exposition ou terrasse. Les jours de pluie, le MAM et le Palais de Tokyo se combinent sans sortir du bâtiment : voyez nos idées pour Paris un jour de pluie.
Informations pratiques
| Détail | |
|---|---|
| Adresse | 11 avenue du Président-Wilson, 75116 Paris |
| Horaires | Mardi–dimanche 10h–18h, caisses fermées à 17h15 ; nocturne le jeudi jusqu'à 21h30 pour les expositions temporaires uniquement |
| Fermeture | Lundi, 1ᵉʳ janvier, 1ᵉʳ mai, 25 décembre ; fermeture à 17h les 24 et 31 décembre |
| Collection permanente | Gratuite pour tous, sans réservation (don de 5 € proposé) |
| Expositions temporaires | 10–17 € plein tarif, 8–15 € réduit ; gratuit moins de 18 ans (tarifs constatés en septembre 2026) |
| Métro | Ligne 9, stations Iéna ou Alma-Marceau, à 3 minutes |
| RER | Ligne C, Pont de l'Alma, à 8 minutes à pied |
| Bus | 32, 42, 63, 72, 80, 82, 92 |
| Vélib' | Stations rue de Longchamp, avenue Marceau et place de la Reine-Astrid |
| Durée conseillée | 1h30 pour les collections, 1h de plus par exposition |
| Accessibilité | Rampe à droite de l'entrée, ascenseurs, fauteuils sur réservation |
Le Paris Museum Pass ne présente pas d'intérêt ici : la collection est gratuite et les expositions du musée n'en font pas partie. Notre avis sur le Paris Museum Pass détaille les sites réellement couverts. Les premiers dimanches du mois n'apportent rien de plus qu'un autre jour, puisque l'entrée est déjà libre ; en revanche, le musée participe chaque année à la Nuit européenne des musées, en mai.
Pour aller plus loin
Le MAM est l'exemple parfait du grand musée parisien accessible sans dépenser un euro. Retrouvez ses voisins dans notre guide des musées gratuits de Paris, et, si vous comptez enchaîner plusieurs sites payants dans la semaine, notre comparatif des pass Paris vous aidera à trancher.






